Yvan Franel - Rendez-vous épicurien

Article
Lundi 24 Août 2020
Pamela Chiuppi

Le groupe électro pop genevois Stevans, vous connaissez ? Yvan Franel est celui des deux compères qui manie avec brio comédie, chant et musique, un artiste aux multiples facettes. En piste pour une joyeuse rencontre, entre gourmandises estivales et anecdotes personnelles, sur la belle terrasse aérée de l’iconique café-restaurant du Parc des Bastions.

« Bonne idée, cela fait longtemps que je n’y suis plus allé ! » salivait déjà Yvan Franel lorsque nous convenions d’un lieu de rendez-vous. Une chance, c’est l’été. Calme et ombragée, la jolie terrasse nous fait presque oublier que nous sommes en plein cœur du quartier d’affaires où palpite Genève. Le Café Restaurant du Parc des Bastions, c’est une institution ! Fondé en 1882, ce local abrite le Festival musical des Bastions où les artistes se produisent – même cet été - sur la rotonde qui surplombe le parc. La carte des vins affiche de surcroît trois régions suisses. Alors, qu’allons-nous tester ?

Un pied dans la restauration

Le menu estival, posé devant nous avec un chaleureux accueil, capte toute l’attention de notre invité. Pour accompagner sa « véritable salade césar » en version plat, qui arriva tel un majestueux monticule gourmand, Yvan Franel craque pour un verre d’Iconique Viognier de Jean-Michel Novelle, au Grand Clos à Satigny. Ce cépage du Rhône semble très bien se comporter en campagne genevoise. Et difficile pour moi de rester insensible à l’identité très conceptuelle de cette cave du Mandement. Sans compter que cet élégant blanc sec s’harmonisait parfaitement avec ma salade de poulpe divinement grillé. A faire pâlir un sicilien… ou un grec, pour rebondir sur le récent retour de vacances de notre hôte. Le mollusque me valut d’ailleurs quelques mimes fort imagés de sa part. « Les vins blancs minéraux sont ceux que je préfère. » me confie plus sérieusement Yvan Franel. « Quoique la Petite Arvine des caves valaisannes me plaît aussi beaucoup. » renchérit le chanteur l’œil malicieux, en mentionnant, l’air de rien, sa formation hôtelière.

En effet, l’Ecole Hôtelière de Lausanne lui avait été fortement recommandée par ses parents, qui parcouraient le monde pour leur travail alors que le jeune Yvan Franel glissait déjà « dangereusement » vers une carrière musicale. « J’ai même eu mon diplôme ! » plaisante le comédien, qui se réjouit de mettre à profit sa patente en collaborant à la reprise d’un restaurant célèbre du Boulevard Pont d’Arve. « C’est une manière pour moi de faire valoir la carte de la gastronomie. » conclut-il en guise de clin d’œil à ses parents.

En constante évolution

Yvan Franel est un artiste multicartes. Avec lui, impossible de penser au statu quo. Avec quatre albums à son actif et plus de 600 concerts au compteur, le groupe Stevans a pris de la bouteille. Leur album Rupture a marqué une évolution du groupe au duo, du pop rock à des sons plus électro pop découverts dans l’album Renaissance (2019), à l’image du dansant Diamond Rain. Après s’être exporté en Chine avec deux tournées en 2019, Stevans revenait tout droit d’une tournée de plusieurs semaines en Amérique du Sud à l’heure où l’Europe se confinait. Une période qui s’est révélée productive, voire même « surréaliste » selon les mots d’Yvan Franel. « J’ai été hyper créatif et me retrouve avec de nombreuses maquettes en stock ! ».

Les fans qui le suivent sur les réseaux sociaux auront aussi repéré ses scénettes humoristiques tournées avec sa mère ! Car en comédie, Yvan n’est pas à son coup d’essai. Il était intervenu en 2016 dans La Revue genevoise (co-écrite par Laurent Nicolet et Pierre Naftule) sous la direction d’Anthony Mettler et s’est essayé en 2018 à un premier one-man-show intitulé « Evrard se teste » au Caustic Comedy Club à Carouge. Un test qui a emballé la critique, laquelle a relevé chez Yvan Franel des talents de touche-à-tout et des mimiques évoquant l’incontournable Lucchini. Cette belle rencontre nous offre clairement de quoi nous réjouir des affiches automnales en matière de musique et de théâtre.