Nathanaël Rochat - Rendez-vous épicurien

Article
Lundi 31 Août 2020
Pamela Chiuppi

Les traits d’humour gorgés de bon sens de Nathanaël Rochat n’auront pas échappé à l’audience des chaînes de radio et de télévision romandes. Le comique suisse est proche de son public qu’il adore divertir. C’est aussi un amateur de produits régionaux, d’abord par esprit pratique !

Légende photo : (de g. à dr. Nathanaël Rochat, Pamela Chiuppi, Johann Biheu)


« Choisissez, vous ! » me lançait Nathanaël Rochat lorsque nous cherchions un lieu voué à lui faire plaisir autour d’une belle table et de bons produits. Il opta finalement pour la magnifique terrasse de L’Ardoise (13 points au Gault&Millau), le restaurant du Carlton Boutique à Lausanne. « Je passe souvent devant cet hôtel » souligne Nathanaël Rochat « Et je le trouve sympathique, sans pourtant m’y être encore arrêté. », poursuit-il, soulignant le standing de l’établissement. Accueillis chaleureusement par Nicolas Lagier, le directeur de l’établissement, nous voilà à l’aise. « D’habitude, je joue dans une autre ligue. » s’amuse l’humoriste en signalant, un peu plus haut dans la rue, un local connoté sportif qui attirerait les fans de Bastian Baker. Le ton est donné pour un échange informel et détendu, et l’heure se fait rapidement oublier.

Une préférence pour les produits régionaux

D’esprit brasserie, la cuisine de L’Ardoise est conviviale et le chef s’approvisionne directement auprès des producteurs. La carte des vins affiche de nombreuses régions suisses, régulièrement mis à l’honneur lors des dîners « wine & dine » organisés par l’hôtel. A peine énoncés, l’entrée et le plat du jour, qui cite le nom du boucher, sont adoptés par Nathanaël Rochat. « Consommer local a un aspect pratique. Pourquoi faire parcourir des kilomètres à un vin alors que nous en avons d’excellents sur place ? Un peu plus chers, oui, mais écologiquement, le moins cher au départ n’est pas moins cher à l’arrivée. Tout se paie à un moment donné. » plaide l’artiste en évoquant les produits du terroir, qu’il affectionne. Une pointe de sarcasme sur le paradoxe entre produits connotés gourmets et leur provenance bien rurale : « Il est bon de se rappeler que le raffinement présent dans la gastronomie est d’abord issu de la pratique. Les fromages, par exemple, sont nés de la nécessité de faire voyager le lait », et de la présure contenue dans la peau des outres. Mais les assiettes arrivent !

Un soin palpable

Pour accompagner le délicat magret de canette séché sur un vaporeux mesclun, Johann Biheu, assistant maître d’hôtel de l’Ardoise (photo à dr.), nous a recommandé la Cuvée spéciale Carlton, un aromatique Chasselas « Planète » 2017 du Château de Glérolles, St-Saphorin, dont les précédents millésimes ont été médaillés à la Sélection des Vins Vaudois. Le tartare de la boucherie Nardi à Cully, agrémenté de savoureuses tomates séchées, a été accompagné par la Cuvée spéciale « Lune Noire » 2016 des Frères Dubois au Domaine Dézaley à Cully, un assemblage de Gamaret, Garanoir, Merlot et Cabernet franc, intense et chaleureux, à l’équilibre parfait. « J’apprécie beaucoup le vin suisse, plutôt en rouge.» me confie Nathanaël Rochat lorsque nous abordons ses goûts. « En général, je me rends chez un détaillant et je me laisse conseiller et surprendre. Mais je participe aussi à des dégustations dans des caves… de préférence à pied ! » Et d’enchaîner sur son récent coup de cœur : « J’ai découvert un vin des Côtes de l’Orbe, dans le Nord vaudois, un Gamay Barrique du Domaine de la Maison Rose vraiment excellent. » déclare-t-il l’œil pétillant. « Ce que je remarque dans les vins suisses, et de manière palpable, c’est le grand soin que les artisans portent à leur production. Un gage de survie !»

Naturellement proche des gens

La simplicité pourrait bien être l’arme secrète de l’artiste, qui sait dédramatiser l’actualité en alliant humour et bon sens. « Ce que j’aime surtout, c’est amuser la galerie ! » lance l’humoriste avec cette nonchalance désopilante. « Je n’aime pas fâcher les gens. Un jour une dame m’a écrit que j’avais été un peu trop loin. Je lui ai répondu qu’elle avait raison… elle avait raison ! ». Nathanaël Rochat a conquis le public romand, qui suit régulièrement ses interventions dans la chronique de la RTS « Les Beaux Parleurs » animée par Jonas Schneiter, dont la vidéo « J’apprends l’allemand » avait fait le buzz, même auprès des enseignants.

Le ralentissement économique ne démonte pas Nathanaël Rochat, exceptionnellement sur un projet publicitaire. « Il y a moins de dates, mais le public continue d’être au rendez-vous. » se réjouit-il. Et après une série de représentations mises en scène par Pierre Naftule début septembre à Neuchâtel, l’humoriste partagera son talent d’écriture auto-scénarisée dans « Live unplugged » à la Tour-de-Peilz le 16 septembre 2020. Ce stand-up abordera sa propre histoire et les aléas du quotidien, mais aussi les préoccupations de sa génération.