Patrick Switzer - Rencontre épicurienne

Article
Vendredi 14 juin 2019
Cécile Richards

Patrick Switzer ne se contente pas d’être  multiple champion du monde de longboard, il est aussi curieux de tout ce qui touche à la fermentation: la kombucha, le café et, bien sûr, le vin suisse.

Californie, surf et camping-cars

Il y a quelques années, Patrick Switzer a vécu son "rêve américain". En plus de surfer sur la côte est des Etats-Unis, il a été particulièrement impressionné par les rues. Ce Canadien de 31 ans, qui vit en Suisse depuis plusieurs années, était déjà patineur professionnel de descente en longboard à l'époque. Le longboard c'est ce sport où l’ont concoure sur des routes plutôt dangereuses avec une planche à roulettes extra longue.

Une pincée de folie

"Non, je ne suis pas fou", dit Switzer. Le risque est calculé. Après tout, aucun athlète de classe mondiale ne se mettrait en danger juste pour le plaisir. Mais dans certaines courses, il faut se montrer téméraire. L'agilité c’est d'être capable de surmonter des bosses à grande vitesse, de celles qui enverraient un motard à terre. « P-Swiss » - le surnom de Switzer - dépasse ses rivaux dans les virages serrés. Tout simplement parce qu'il sait maîtriser les passages dangereux avec brio.

Entre perfection et aventure, cette tête aux boucles blondes originaire de l'Ontario ne se limite pas aux montagnes. Il aime les vins, notamment les vins suisses, qui ont un goût funky, où inhabituel comme le vin non-filtré, là où d'autres lèvent les sourcils, Switzer lève son verre. A contre-jour, si possible,  pour observe le liquide. Puis il s’intéresse au nez du vin et prend une première gorgée avec une curiosité évidente. « Oh, c'est funky ! J'aime ça ! »

La fascination de la fermentation

L'ouverture aux vins naturels et aux fermentations de toutes sortes a conduit Patrick Switzer à son métier actuel. Jeune entrepreneur, il a fondé avec deux autres curieux la société Aargauer Nycha Kombucha qui distribue des boissons fermentées dans toute la Suisse y compris dans les établissements gastronomiques. 

"Le kombucha est obtenu par fermentation du thé vert », explique Switzer. Un SCOBY - Symbiotic Culture of Bacteria and Yeast - est ajouté à l'infusion. « Après plusieurs jours, les cultures décomposent le sucre, ce qui donne le kombucha ».

Parallèles entre vin et café 

En regardant Switzer déguster du café ou du vin, on décèle chez lui une précision minutieuse, un souci du détail et une passion du produit. Pour lui les parallèles entre la production de vin et de café sont évident : « Tous deux sont évolutifs et cela me fascine».

Lorsqu’il vivait dans sa caravane au bord du Pacifique, Patrick Switzer produisait déjà du kombucha pour lui-même. Aujourd’hui, c’est devenu tendance: on sait à présent comment les bactéries conservées dans les aliments fermentés peuvent favoriser positivement l'équilibre énergétique de l'être humain.

A entendre ses expériences : sur les cols suisses, en randonnée dans les Grisons, de nuit sous tente à plus de 2000 mètres d'altitude ou encore en parapente, on se demande ce qui peut bien faire peur à cet homme? Sa réponse: "l'ennui" et "ne rien avoir à manger". 

De ce côté là pas de danger. Le jour de notre rencontre, la table de la Bauernschaenke - Taverne du fermier - à Zürich est couverte de plats à partager remplis de légumes racines suisses braisés et frits, de lentilles bélugas aux œufs de truite et de pommes de terre du Lötschental avec un œuf onsen. 

Et à boire, du vin suisse et du kombucha, bien sûr !

 

En savoir plus

Photo: Cécile Richards (auteure) et Patrick Switzer